Hippisme

Qui sont les hommes et les chevaux qui ont marqué la première partie de saison 2018 (acte II) ?

Il y a une dizaine de jours, nous vous présentions les différents acteurs, chevaux ou faits qui avaient marqué la première partie de saison 2018. L’actualité ayant été particulièrement dense depuis le début de l’année, ce dossier méritait donc amplement qu’une seconde partie lui soit consacrée.

Grosse réussite de l’écurie Sedrati chez les pur-sang arabes de 3 ans
C’est un fait bien connu dans le monde des courses marocaines : le Docteur Sedrati connaît toujours beaucoup de réussite avec les jeunes chevaux et principalement chez les pur-sang arabes de 3 ans. Le propriétaire-éleveur des champions Moubtassim (Leeroy de Chaillac), Maroki (Erraad) et autres Yakhlef (Nizam) a démontré une fois de plus que sa réputation n’était pas usurpée, réalisant notamment le triplé Poule d’Essai-Derby des MOR-Derby des PA (CP-1.750m) grâce à Moubna (Moubtassim) déjà évoquée dans la première partie de ce dossier. Mais non contente de devenir la première 3 ans à réaliser un tel exploit, la jeune championne entraînée par Stéphane Coerette a également permis à son propriétaire-éleveur de porter à 31 son nombre de réalisations cette année chez les PA de 3 ans (c’était ce mercredi à El Jadida). Pour l’anecdote, la meilleure année de l’écurie Sedrati avec cette catégorie d’âge, remonte à 2016 avec 51 succès. Un record que les bleuets sont donc susceptibles de faire tomber en 2018.

La championne Moubna (Moubtassim) aux côtés de son entraîneur Stéphane Coerette, mercredi dernier à El Jadida

Sedrati seul devant chez les propriétaires
S’il convenait d’ouvrir une parenthèse sur la réussite exceptionnelle de l’écurie Sedrati avec les pur-sang arabes de 3 ans, il faut dire que la casaque bleue de leur propriétaire s’est affichée plus largement comme tête de liste durant cette première moitié de saison 2018. Si par exemple on se focalise uniquement sur les victoires de CP,  elle arrive largement devant avec 7 réalisations (3 chez les PSA, 3 chez les PA et 1 chez les AA) soit 20% des courses principales ou de listed PA disputées au Maroc en 2018. A la deuxième place, cette fois une égalité, puisqu’on retrouve Nour-Eddine Bajjou et Zakaria Semlali avec 3 réalisations. Viennent ensuite le Président de la S.C.H. de Khemisset Taher Baati, l’écurie Zakaria Hakam, l’écurie Jalobey Racing (Famille El Alami), Zoubida Belfakir, ainsi que le Président de la S.C.H de Settat Abdeljabar Boumelha, tous à égalité également mais avec 2 victoires seulement.

War Bak (Il Warrd) était venu à bout de la championne, Think Twice (Bold Quest) dans le Prix Zakaria Hakam/Derby des 3 ans (CP-1.750m) en mars dernier

Naisseur : encore et toujours Sedrati
Sans surprise, Fal Stud, l’opération d’élevage du Docteur Sedrati, arrive en tête du classement des naisseurs avec 8 succès acquis exclusivement dans la catégorie des « CP ». Ce léger écart avec le nombre de succès acquis à ce niveau chez les propriétaires est lié à la victoire de la « Belfakir » Mazahills (Mazaj) dans le Prix Maître Ahmed Ettabbaa (CP-1.850m). Précisons que la réussite de l’écurie Sedrati rejaillit sur un jockey bien connu de la maison bleue, Khalid Ibba qui termine sa première partie de saison avec 4 succès de courses principales. Néanmoins, tout comme au général (voir la partie une de ce dossier), le record des CP au Maroc cette année chez les pilotes revient à Abderrahim Faddoul qui totalise trois réalisations de plus que son aîné depuis le 1er janvier dernier, notamment grâce aux cracks Famous Mark (Mr Sidney), Nifal Maamora (Nizam) et Striving (Koningstiger). Autre jockey officiant principalement pour le compte du Docteur Azzedine Sedrati, Rachid Amenai complète le podium en compagnie de Zouhair Madihi, crédité lui aussi de trois succès de Course Principale en 2018.

Sous les couleurs Belfakir,  la championne Mazahills (Mazaj) a offert un 8ème succès de CP à Fal Stud cette année

Moubtassim continue de laisser des regrets
Comme chez les naisseurs, la logique est respectée dans le rang des étalons : c’est un protégé du Docteur Azzedine Sedrati, le regretté Moubtassim (Leeroy de Chaillac) qui domine le classement des courses principales avec 4 succès acquis à ce niveau avec 2 chevaux différents. Ses victoires ont eu pour cadre des épreuves pour pur-sang arabes et anglo-arabes, tandis que l’anglo Husayn (Bartaba) qui défend quant à lui les intérêts du Haras Royal les Sablons, le suit avec 3 victoires mais également deux produits différents, Sohrawardi (Husayn) et Fitrayn (Husayn) qui n’ont laissé que des miettes à leurs rivaux chez les anglo-arabes d’âge à 25%. Autres étalons appartenant ou ayant officié chez Fal Stud, Il Warrd (Pivotal) ainsi que Bold Quest (Persian Bold) comptent pour leurs parts deux victoires, alors qu’au rang des révélations, on peut citer Shart Al Khalediah (Tiwaiq) un étalon du Haras de l’Atlas, vainqueur de la Poule d’Essai des Poulains (CP-1.750m) avec Fath Grine (Shart Al Khalediah).

Moubkal (Moubtassim) l’un des deux produits de Moubtassim (Leeroy de Chaillac) à avoir remporté une « CP » cette année

Chez les entraîneurs, Eduardo Buzon Bobillo vole la vedette à Joel Seyssel
Si comme nous le soulignons la semaine dernière, les couleurs Karimine sont celles ayant obtenu le plus de réussite à l’étranger cette année, c’est au Maroc que Eduardo Buzon peut quant à lui se targuer d’avoir engrangé le plus de succès depuis le 1er janvier dernier. Ses élèves y ont empoché pas moins de 3.218.500 dirhams (mais seulement une victoire de CP) reléguant le napoléon des courses marocaines, Joel Seyssel à la deuxième place. Même si derrière l’entraîneur numéro 1 de l’écurie Karimine, Seyssel doit donc se contenter de l’accessit d’honneur, il peut néanmoins se satisfaire de sa 1ère partie de saison, les Sablons chiffrant 3.163.500 de gains et une victoire de CP (Lislounja). Troisième aux gains (2.769.500 dhs), Fatmi Ech-Charty l’un des entraîneurs de l’écurie Sedrati, réalise également une bonne première partie d’année ponctuée par les belles victoires de CP signées par War Bak (Il Warrd), Moubkhal (Moubtassim) et Warabey (Il Warrd). Soulignons également la réussite à ce niveau de deux anciens de retour sur le devant de la scène, Serge Gerard et Stéphane Coerette dont on a parlé plus longuement dans la première partie de ce dossier, sans oublier celle de El Mustapha El Kandoussi (3 succès de CP également) mais aussi de nouveaux venus comme Taher Fellahi (Cloistered), Olivier Benoist (Think Twice), Ahmed Anas Mountassir (Light Refreshment), Othman Manouar (Jazzar) et Ayoub Kouchtabi (Touron) qui ont tous signé leur 1er succès à ce niveau cette année. 

Eduardo Buzon-Bobillo, à droite sur la photo aux côtés de Carlos Laffon-Parrias, Olivier Peslier et M’hammed Karimine

Al Siari-Farat : un duo de choc
De retour au premier plan, le propriétaire saoudien Fahed Saleh Al Siari a également fait beaucoup parler de lui durant la première partie de saison. Depuis le premier janvier dernier, ses couleurs naturellement vertes et blanches ne comptabilisent pas moins de 17 victoires obtenues avec 17 représentants en 68 courses dont une au niveau des courses principales. Une réussite presque indissociable de celle de son épouse Nada Fariat dont la casaque verte et blanche elle aussi, a brillé à neuf reprises dans le même temps grâce à des chevaux comme Hushanda (Husayn), Nemrod (Sensible) ou encore Chaillac de Grine (Leeroy de Chaillac). Des succès rendus possible grâce à des investissements importants réalisés en France (surtout pour Monsieur, qui n’a pas hésité à mettre la main au portefeuille pour s’associer avec Kamal Daissaoui sur plusieurs juments) mais aussi au Maroc pour le compte de son épouse, avec des sujets achetés au Haras Royal les Sablons ou chez M’hammed Karimine.

Fahed Saleh Al Siari, aux côtés de son épouse Nada Fariat en pleine discussion avec la femme de Ahmed Anas Mountassir

Oasis l’Atlas, deux « Karimine » et Herked chez les 2 ans
Si durant la première partie de saison, les couleurs de Fahed Saleh Al Siari ont donc connu une belle réussite avec des juments achetées en France et sur lesquelles il s’est associé avec Kamal Daissaoui, à l’exemple de Cloistered (Clodovil), Cicada (Holy Roman Emperor) ou encore la dernière venue, l’ex-Wertheimer Kalimera (Kitten’s Joy), il faut également pointer du doigt un deux ans prometteur appartenant au même tandem Al Siari-Daissaoui, à savoir Oasis L’atlas (Zanzibari). Toujours invaincu, ce FR qui a fait afficher des temps canons à chacune de ses deux sorties, s’annonce d’ores et déjà comme l’un des grands favoris du Prix Jean-Pierre Laforest/Critérium 2 ans (INT-1.750m). Ce jour-là, le poulain élevé au Haras de Grandcamp pourrait trouver sur sa route deux représentantes de M’hammed Karimine, les FR Again Winner (Rajsaman) et Hard Section (Evasive) qui ont fait naître également des promesses chez les importés de 2 ans en triomphant de plaisante façon le jour de leurs débuts. Du côté des nés et élevés, la représentante de la Famille El Harate, Herked (Hermival) qui appartient en association à son naisseur le Docteur Azzedine Sedrati, s’est montrée quant à elle la plus utile depuis le lancement de la saison pour les 2 ans en obtenant deux succès et autant d’accessits en quatre sorties. Possédant déjà pas mal de métier, elle devrait avoir comme principal objectif le Prix Ahmed Lyazidi (CP-1.750m). A noter que plusieurs écuries classiques comme Jalobey Racing et le Haras Royal les Sablons n’ont toujours pas dévoilé leurs atouts chez les pur-sang anglais de 2 ans. 

Oasis l’Atlas (Zanzibari) l’une des grandes révélations de la saison chez les 2 ans

A Rabat-Souissi, la SOREC lance la modernisation de l’hippodrome 
Pour être complet, ajoutons que la victoire de Mureefaa de Grine (Evasive) le 25 mars dernier a eu une saveur toute particulière pour ne pas dire historique, car la représentante de M’hammed Karimine restera comme la dernière gagnante sur la piste du Souissi « ancienne version ». Dans la foulée, l’hippodrome de la capitale administrative a en effet été fermé pour plusieurs années de travaux. Un chantier d’autant plus stratégique qu’il intervient alors que l’attractivité des courses marocaines continue de se dynamiser. En effet, la SOREC a encore apporté plusieurs modifications depuis le début de l’année, notamment au programme des courses avec la création d’avantage d’épreuves pour apprentis, mais aussi à la partie « jeu hippique » avec la possibilité par exemple de placer ses paris par téléphone.

Le futur « Rabat-Souissi » ?

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