Hippisme

Dossier : que retenir de la première partie de saison 2019 ?


Un tout petit peu plus de huit mois se sont écoulés depuis le 1er Janvier dernier, nous sommes déjà en septembre. L’occasion de se pencher sur les premiers moments forts de l’année 2019, en piste et dans les écuries.

La nouveauté la plus importante de l’année a été l’apparition sur le circuit de courses à handicap, appelant des chevaux pur-sang anglais et arabes de valeur 28 ou moins. Cette création de handicap, comme en propose les plus grands pays de courses comme la France, la Grande-Bretagne ou encore les EAU, avait vocation à répondre aux revendications des professionnels qui depuis fort longtemps, estimaient comment les chevaux « moyens » étaient les frustrés du programme; anormalement limités en termes d’opportunités et d’espérances de gains pour des sujets faisant régulièrement la recette. Ces épreuves ont donc été créés pour eux, les conditions de courses appelant une tranche d’âge (au minimum 3ans) à la limite des bonnes courses à conditions.

La domination Karimine
Cette année, beaucoup disaient que la génération de 3 ans était mauvaise lorsque tous les espoirs classiques fondaient les uns après les autres comme neige au soleil. Cependant, les 3 ans de M’hammed Karimine ont vraiment fait mentir tous les observateurs, offrant cinq victoires de “CP” à leur propriétaire depuis le premier janvier dernier. Leur réussite est assez exceptionnelle, notamment chez les pur-sang anglais où Rockshore (Exchange Rate) a signé l’une des meilleures valeurs de cette première partie de saison. Ce jour-là, en débutant victorieusement au Maroc dans le Derby des 3 ans, c’est lui qui a offert une 5ème victoire de “CP” au orange fluo en 2019, alors que l’écurie Karimine compte en tout et pour tout 158 succès sur cette période. Il est important de noter qu’il s’agit uniquement de victoires dans le Royaume, parce que en ajoutant celles en Espagne et en France, M’hammed Karimine en a enlevé près de 165 en 2019. Pas mal pour un propriétaire qui ne s’est lancé dans l’aventure qu’il y a sept ou huit ans.

Gérard, l’entraînement qualité
Lorsque l’on consulte uniquement les chiffres, Eduardo Buzon semble le mieux placé pour remporter le titre de meilleur entraîneur en 2019. Il vient de faire tomber le record de la catégorie – les 118 de Joël Seyssel– mais il se retrouve sans activité depuis maintenant plusieurs jours. Du coup, le titre de meilleur entraîneur pour la 1ère de l’année, ira selon-nous à Serge Gérard. Oui, le nouvel entraîneur du Jalobey qui pointe en deuxième position avec une soixantaine de succès. Il a mérité cette récompense pour sa régularité et sa réussite avec des chevaux comme Atlas, Famous Mark ou Aishak Maamora. C’est à dire que six de ses succès sont arrivés dans des courses principales. Autant de réussite à ce niveau alors qu’il ne possède qu’un effectif réduit par rapport à ses adversaires, c’est tout simplement magnifique.

Atlas et Zyad Maamora, les deux atouts maîtres pour Jalobey Racing ?
Parmi son effectif, on peut parler de grosse révélation pour deux sujet d’entre eux…..Oui, même pour Atlas (Sensible) pourtant placé de courses internationales la saison passée. Le représentant de Jalobey Racing s’est pleinement révélé cette année, à l’âge de 4 ans. Il n’a pas brillé dans le Grand Prix du Prince Moulay Rachid (CP). On lui pardonne, son compagnon d’écurie, Famous Mark (Mr Sidney) était avantagé par la distance de 1.750m ce jour-là. Mais en dehors de cette sortie, Atlas n’a jamais été battu. Pourtant, il n’est pas forcément impressionnant dans un rond de présentation, ce n’est pas un déménageur. Mais sur la piste, il dégage une vraie impression de puissance. Gagnant face aux importés du Grand Prix Mohammed V, il a ensuite remis le couvert à l’arrivée du Grand Prix de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan. Serge Gérard et son entourage l’ont toujours ménagé, ne courant qu’à bon escient depuis ses débuts tardifs l’an passé à l’âge de 3 ans. Cela paye. Atlas a le droit de continuer sa progression et s’annonce d’ores et déjà comme le favori du prochain Grand Prix du Roi Mohammed VI (CP-2.100m).
Chez les pur-sang arabes, Zyad Maamora (Nizam) son compagnon d’écurie, n’a débuté quant à lui que cette année. Lauréat pour ses débuts en mars, il a laissé ensuite une forte impression en remportant deux C, avant de reléguer à quatre longueurs le double gagnant de course principale, Azaz Al Boraq (Dormane). Une épreuve comme le Grand Prix Moulay Abdellah pourrait lui permettre de rester invaincu, même s’il devrait y avoir de l’opposition si sa compagne d’écurie, Aishak Maamora (Nashwan Al Khalidiah) s’aligne également ce jour-là au départ. 

Adi de Saint Lon, la meilleure impression chez les PA
Deux autres chevaux d’âges ont également marqué cette première partie de saison : Fitrayn (Husayn) et Adi de Saint Lon (Al Saoudi). Si l’on ne s’intéressent pas trop aux courses d’anglo-arabes, désolé pour l’entourage de Fitrayn, il est évident que l’autre cheval est aujourd’hui l’un des grands favoris pour le prochain Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le fils de Al Saoudi a ébloui Marrakech en avril dernier lors de sa victoire dans le Grand Prix Sheikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan (Listed PA). Le champion de Zakaria Semlali restait sur une victoire à ce niveau dans le Prix Ouarzazate (Listed PA), mais dans les courses de chevaux arabes, son envolée dans la ligne droite de l’hippodrome Marrakchi restera comme le grand moment du premier semestre. Adi de Saint Lon est un crack et il faut noter qu’il l’a également prouvé cette année dans le Prix Jawahir (Listed PA)

Flûte Enchantée : Le futur atout de Seyssel au plus haut niveau
Monsieur Seyssel ne possédait pas un effectif de grande qualité cette année (cela arrive même au meilleur) brillant surtout sur le sprint avec Pigasus (Dovil Boy) le gagnant de la Coupe de Vitesse, une CP qu’il avait déjà remportée par le passé avec Jalis, le père d’une certaine Lislounja (Jalis). Lauréate du Grand Prix Moulay El Hassan la saison passée, cette dernière s’est classée seulement 4ème du Grand Prix de la Fête du Trône cet été- même si la piste d’El Jadida l’a desservie- et aura donc probablement fort à faire face aux meilleurs MOR durant l’automne (surtout pour le succès). Mais des CP pour nés et élevés d’âge avec un Joël Seyssel sans une première chance, ça n’existe pas ou alors pas cette année, car l’homme tenant du titre avec Az-Zubayr, semble en mesure de créer une belle surprise à ce niveau prochainement avec la ménagée Flûte Enchantée I (Sensible) qui vient de faire un truc pour sa rentrée.

Un petit chantier
Chez les étalons, un sujet comme Colossus a sans doute été celui qui a le plus alimenté nos colonnes depuis le début de l’année. C’est pourtant impossible de lui assigner le titre de meilleur sire pour cette première partie de saison….Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’existe toujours pas de palmarès des étalons sur le site internet de la SOREC. Pourtant, on y retrouve déjà celui des chevaux, des entraîneurs, des propriétaires, des jockeys ou encore celui des naisseurs, alors pourquoi pas celui des sires ? Au vu des succès enregistrés par les récentes recrus des haras nationaux, une telle fonctionnalité serait plus qu’utile et permettait notamment de se rendre compte encore un peu mieux de cette réussite.


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